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Après sa mort en 1273, son fils Veled organisa ses disciples en confrérie de derviches ou Mevlevi et établit la cérémonie du Semâ (danse giratoire). A sa mort le "soufisme" se répandit dans toute l'Anatolie et des monastères se créèrent sur les terres ottomanes de Turquie, Syrie et Egypte. Plusieurs sultans ottomans étaient soufis de l'ordre des Mevlevi.
Sous l'Empire cette confrérie avait une influence considérable sur la vie politique, sociale et économique, professant des idées monarchistes, conservatrices et xénophobes. Après la proclamation de la République, Atatürk les considérant comme un obstacle au progrès, interdit leur ordre en 1925, les nombreux sanctuaires furent transformés en musées. En 1957 à Konya, les ordres derviches se reformèrent en «association culturelle», avec pour but de préserver la tradition historique. Le festival annuel est plutôt considéré comme une fête populaire que comme une manifestation religieuse. Il ne reste aujourd'hui plus que deux confréries l'une à Konya et l'autre à Istanbul. Dans le cadre des échanges culturels, des représentations de derviches tourneurs sont organisées à l'étranger.
Mevlâna Celaleddin-i Rumi est un être sacré, une lumière divine et un soleil dont le plus important message est l'amour et la solidarité. Les idées et principes philosophiques islamistes sont compris dans le triangle de l'âme, l'intelligence et l'amour.
Mevlâna est le symbole de l'amour, la paix, la tolérance.
Viens, viens, viens... qui que tu sois, viens !
Viens aussi que tu sois infidèle, idolâtre ou païen,
Notre couvent n'est pas un lieu de désespoir;
Même si cent fois tu es revenu sur ton serment, viens!
Sema
Les derviches utilisent la danse pour communiquer avec Dieu. La légende raconte quand passant devant un atelier où l'on frappait l'or en cadence, Mevlâna se sentit soudain entraîné par le rythme et pris d'une forte émotion il se mit à tourner dans un mouvement d'élévation et se sentit merveilleusement proche du Créateur. Convaincus des vertus de cette danse, ses disciples l'adoptèrent pour communier avec Dieu.
Lors des cérémonies, les derviches commencent par faire trois tours en marchant. Le premier tour symbolise la création par Dieu du soleil, de la lune, des étoiles et de tout ce qui n'est pas vivant. Le deuxième représente la création des végétaux et le troisième celle des animaux. Quand les derviches viennent au milieu de la salle, après s'être salués mutuellement devant la peau sacrée, ils ont les bras croisés, les mains sur les épaules. Ils commencent à tourner en ouvrant les bras, la main gauche tournée vers le sol, la droite vers le ciel. Cela signifie que ce qu'ils prennent de Dieu, ils le partagent avec les autres créatures. Ils pivotent sur la pointe du pied droit en deux temps, le premier symbolisant toujours la création, le second dans l'autre sens, la communion avec Dieu. Les derviches tournent autour d'eux-mêmes et en même temps autour de la scène, comme les planètes tournent autour du soleil. Un orchestre d'instruments traditionnels accompagne les derviches par son rythme.
Celui-ci pourra vous paraître monocorde, car votre oreille n'est pas faite
à ce genre de musique. Mais ne manquez pas de venir au moins une fois à cette
cérémonie, vous en apprécierez la simplicité et la sérénité qui en émane.
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