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Pénétrez dans le monde de l'Orient mystique, laissez-vous guider par les dizaines de senteurs flottant dans les allées, cannelle, cumin, safran, menthe, thym. Toujours bondé, dans le marché vous serez bousculez, soit, mais cela fait parti de l'ambiance! Personne ne peut se permettre de manquer une visite au Misir Çarşisi, car c'est l'un des endroits les plus envoûtants d'Istanbul. Marcher dans ce bazar ne veut pas dire forcément avancer, alors prenez tout votre temps !
Le marché Egyptien ou Marché aux Epices fut construit en 1663 dans le complexe de la Nouvelle Mosquée Yeni Cami , le loyer des échoppes étant prévu pour financer l'entretien de la mosquée et les activités caritatives. La construction commencée sous le règne de Mehmet III fut achevée par l'architecte Mustafa Ağa pour la mère du sultan Mehmet IV, la sultane Hatice Turhan. Le marché était alors connu sous le nom de Valide Bazar, valide signifiant mère en turc. A partir du moment où les épices et plantes médicinales vendues dans le marché arrivèrent par bateaux d'Egypte, le bazar pris le nom de Misir Çarşisi misir, Egypte en turc. De sources sûres, on sait que les épices provenant des Indes et de l'Extrême Orient passaient par ce pays. Istanbul était le terme de la route de la soie, là où les marchandises étaient dirigées vers leur destination finale en Europe. Dans les premières années du 13eme siècle Istanbul fit fréquemment le commerce des épices avec les Vénitiens. Aux yeux de l'Occident le Marché Egyptien incarne l'Orient mystérieux et depuis des siècles les gens y viennent acheter mille et un ingrédients dans l'espoir de soigner leurs maux. Associations d'images et atmosphère du passé subsistent encore aujourd'hui dans ce bazar, ce qui le rend si attrayant, dépaysant et envoûtant.
Bien que l'édifice ressemble à un marché typique ottoman classique son plan et sa structure se distinguent de ceux d'Istanbul, Edirne et Bursa. En forme de « L » avec deux portes principales et quatre plus petites, le bâtiment est en pierres et briques. A l'intersection des allées on aperçoit sous une coupole, la chaire en bois du prédicateur des diverses corporations. Les entrées principales à l'extrémité des deux bras se ferment par des portes blindées à double battant et sont formées d'une colonnade de six arcades. Ces portails logeaient autrefois deux tribunaux, l'un pour régler les différents entre commerçants, l'autre pour régler ceux entre commerçants et clients.
Originalement chaque arcade était ouverte sur le devant, le long des ruelles recouvertes du marché, formant ainsi une niche. Celles-ci étaient occupées par des échoppes de même commerce qui comprenaient une pièce attenante de même taille que la niche. Les épices et drogues pharmaceutiques contenues dans des jarres étaient vendues à l'avant, la pièce arrière servait de réserve et office pour les préparations des ordonnances et prescriptions. Actuellement, les boutiques ont été modifiées de façon à ce que la niche même soit incorporée.
Les premiers temps le bazar était occupé par des échoppes où l'on trouvait aussi bien du coton que des plantes médicinales. Aujourd'hui il ne reste que quatre boutiques vendant des épices baharat et remèdes d'autrefois, les autres commerces sont: bijouterie, mercerie, confection, accessoires pour la maison, objets turcs touristiques, paniers en osier ou rotin, crémerie, parfumerie, beaucoup de marchants de fruits secs et noix. Tout aussi fascinant que les épiceries, tout y est tentant: pistaches, amandes, noisettes, figues, abricots, raisins secs et bien d'autres encore. Là aussi des grossistes de confitures de coing, griotte, pêche, fraise, d'excellents fromages, différentes sortes d'olives, le fameux jambon fumé à l'ail pastirma, le saucisson sec turc sucuk et toutes sortes de miels et caviars !!!
Les commerçants empiètent sur le trottoir et de la devanture émane les parfums enivrants de l'Orient: cumin vert, poivre rouge, sésame, noix de coco râpée, exposés dans des sacs de jute comme de petits volcans. Suspendus dans les airs se balancent aubergines, fèves, poivrons séchés enfilés sur des ficelles. Là, vous trouverez le meilleur henné, une grande variété d'huiles et eaux de rose, des éponges naturelles, le gant de crin kese très utilisé en Turquie pour “s'arracher” la peau, une quantité infinie d'herbes dont vous n'aviez pas la moindre idée auparavant.
Ne faites pas trop attention à votre entourage, vous êtes en plein cœur de la vie mercantile traditionnelle d'Istanbul. Dans le bazar, charme d'antan, vous trouverez tous les ingrédients nécessaires aux remèdes de bonnes femmes, aussi des recettes séculaires d'aphrodisiaques et traitements pour les douleurs utilisés par la médecine alternative. Graisse de lapin, résine de pin, poudre de noyau de pêche, racine de salsepareille, aloès, racine de réglisse, lait d'ânesse, graine de persil, poudre à canon! (elle servait dans le traitement des hémorroïdes, mais fut interdite car les échoppe qui la distribuée explosées régulièrement). Vivez un moment dans le passé la conscience tranquille, parmi les milliers de senteurs enivrantes, les épices colorées, plaisir des yeux et des sens.
Edmondo d'Amicis, qui visita Istanbul durant le règne du sultan Abdülaziz (1861-1876) décrit le Marché Egyptien avec les mots suivants: “Dès l'entrée vous êtes assaillis par une odeur forte à en tomber raide! Là est disposé tout ce qui provient des Indes, Syrie, Egypte et Arabie pour être transformé ensuite en essences, pastilles, poudres, onguents, colorants pour les mains, le visage, parfums d'intérieur, bain, barbe, revigorant pour pacha “fatigué et fini” et contre la monotonie des sens des gens mariés insatisfaits!”
Les apothicaires ne vendaient pas seulement des plantes médicinales, ils étaient aussi rebouteux et prescrivaient des traitements aux clients. Ils formaient leurs apprentis au rang de maître, afin que ceux-ci s'établissent par la suite à leur propre compte. Des myriades d'ingrédients, fleurs, feuilles, tiges, graines, écorces, racines, parmi eux plusieurs servent toujours dans les recettes culinaires, les remèdes domestique tel: sauge, romarin, chanvre, guimauve, thym, violette, basilic, ortie. Les apothicaires étaient en même temps parfumeurs et préparaient des essences de fragrances.
A la sortie du bazar, encore sous le charme de l'atmosphère ambiante, vous serez rappelé à la réalité par le vol des pigeons du parvis de Yeni Cami. Si vous pouvez vous attarder montez à l'étage supérieur, dont l'escalier se trouve à l'entrée de la porte principale Sud, et déjeunez dans le cadre en camaïeux bleu-aqua du fameux restaurant Pandeli, célèbre depuis des siècles pour sa cuisine turque traditionnelle. Enfin, un jour de soleil, asseyez-vous dans la cour entre la mosquée et le bazar et commandez-vous un thé ou café turc pour entendre le muezzin appeler les fidèles à la prière. Il existe aussi de petites boutiques et échoppes le long des murs extérieurs du Marché Egyptien. Au Nord les marchands de poissons, quelques bouchers et le fameux Kurukahveci Mehmet Efendi dont vous trouverez facilement le magasin grâce à la merveilleuse odeur de café qui s'en dégage. Au Sud un marché aux fleurs où vous verrez exposées en plein air des centaines de graines de toutes sortes, c'est aussi le marché des animaux: chiens, chats, oiseaux, poissons, lapins, poules !
Bien que le caractère du Bazar soit changé depuis l'époque ottomane, la variété des marchandises que l'on peut y trouver en fait un lieu haut en couleur.
Ouvert tous les jours de 8h à 19h, dimanche de 8h à 20h.
Pandeli
Manger à Pandeli c'est faire un retour dans le temps. M. Pandeli ouvrit tout d'abord un restaurant dans Eminönü en 1901. Du même nom un restaurant de grande ampleur est ouvert aujourd'hui à l'étage du Marché aux Epices. Les faïences turquoise et les carreaux ottomans qui recouvrent les murs et le sol datent de plusieurs siècles. La vue sur la corne d'or, l'appel à la prière, les arômes provenant du bazar créent une atmosphère totalement magique. Aux murs sont fièrement exposées les coupures de journaux où l'on peut voir les hôtes célèbres du restaurant. Mustafa Kemal Atatürk en personne venait ici bien avant la fondation de la République Turque en 1923. Le poète Yahya Kemal Beyatli et l'écrivain Ahmet Hamdi Tanpinar consacrèrent dans leurs écrits quelques lignes élogieuses sur les patrons de Pandeli.
Près de 70 plats différents composent le menu. Un déjeuner à Pandeli est le “summum“ pour quiconque visite Istanbul. Ouvert uniquement à l'heure du déjeuner de 11h30 à 15h30h du lundi au samedi. Fermée les dimanches et les jours de fêtes. Pandeli peut accueillir des groupes de 120 personnes sur réservation. Cartes de crédit sont acceptées.
Misir Çarşisi 1, Eminönü Tel: (212) 527 39 09
Derniers commentaires à propos de cet article.
Excellent article j´ai appris des details sur misir carsi que j´ignorais; j´ai tenté avec beaucoup de déception l´experience de Pandeli ce lieu si agréable par sa situation est un guet-apend la qualité des mets servis est inversement proportionelle à leur prix et le service détestable je le déconseille à tous mes amis qui viennent me voir à Istanbul, je préfere leur indiquer Namli comme vous l´aviez fait dans un autre article il y a quelques semaines.
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