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C'est possible et c'est magique
Par France Duymaz
Il y a deux ans, à la recherche d'un sport en plein air praticable à Istanbul, nous options pour l'achat d'un vélo. Pas si facile que ça de pédaler dans la ville aux septs collines me direz-vous !! Bien sûr, il faut quand même une petite dose de témérité car ce n'est pas sans risque, mais en faisant attention et surtout en circulant aux aurores (les dimanches) tout devient possible.
Nos sorties d'abord assez modestes (entre 15 et 20 km) se cantonnaient à Bakirköy-Eminonü-Buyuk Ada. Toutefois, nous faisions nos armes sur la belle montée pavée qui mène au monastère grec « Aya Yorgi ». Et puis nous laissant emporter par nos ardeurs sportives et notre désir d'être plus proche de la nature, nous décidâmes un jour de partir à l'aventure visiter un petit bout de la Turquie à byciclette. On ouvre la carte sur le sud et pointons Antalya/Kemer comme point de départ et Marmaris comme lieu d'arrivée, le tout faisant quelques 520 km sur une période de 8 jours. Nous sommes partis à trois, mi-avril, la saison idéale pour ce genre d'expédition car il ne fait ni trop chaud, ni trop froid. Nous avons échappé aux intempéries sauf une journée où sous une pluie battante nous avons dû parcourir 90 km trempés de la tête aux pieds. Arrivés à Kayaköy (le village grec « fantôme » près de Fetiye) nous avons cherché avec hâte une pension avec cheminée, vision qui ne nous avait pas quittée depuis que nous avions commencé à trembler de froid et de fatigue. Malheureusement, nous ne trouvâmes qu'une pension avec un radiateur catalytique devant lequel nos affaires ont tout de même séchées pendant la nuit.
L'avantage de circuler pendant cette période est qu'il y a très peu de touristes. Il est donc très agréable de visiter les nombreux sites sans âme qui vive, il y a peu de circulation sur les routes et surtout la nature y est encore très verdoyante. C'était un vrai plaisir que de voir coquelicots, marguerites et autres fleurs champêtres colorer les champs. Notamment nous avons été accompagné pendant tout notre trajet par la senteur des fleurs d'oranger qui embaumait l'atmosphère. C'est un des plus beaux souvenirs de notre voyage.
Pour nous rendre à Kemer et remonter de Marmaris, nous avons pris l'autobus. Petit détail technique qui à son importance : les compagnies acceptent de transporter sans frais supplémentaires les vélos mais n'omettez pas de les prévenir. Il n'est pas nécessaire de les empaqueter mais ne vous laissez pas faire et insistez pour que vos deux roues soient chargés sans être démontés.
Nous étions équipés d'une tente en cas de besoin si un arrêt non prévu s'imposait mais nous nous sommes toujours arrangés pour arriver dans d'agréables petits villages pittoresques (deux fois nous avons roulé de nuit dans la campagne) et pour dormir dans des pensions. Le hors saison permet aussi d'avoir de bons prix et de trouver de la place à n'importe quelle heure. J'avoue qu'avec une moyenne de 70 km par jour, c'était d'un grand réconfort pour le corps et l'esprit.
Enfin, voilà quelques photos de notre périple sur la route de la Lycie dont je cite les lieux qui m'ont le plus enchantée :
-Olympos, et nuitée dans le village de bois « Kadir Top Tree House »
-Kaleucagiz (en face de Kekova), « Kekova Pension » et « Kekova restaurant »
-Le site de Myra à Kale
-Le site de Patara avec sa longue plage de 25 km et de dunes
-Le village de Kayaköy « Selcuk Pension »
-La plage d'Oludeniz et la vallée des Papillons
-Dalyan, ses bains de boues, sa plage et Xaunos
C'était une première expérience très positive. Visiter en faisant du cyclotourisme apporte une dimension très agréable : le temps de voir et de sentir les choses au gré de ses envies, capter les senteurs de la nature, voir les petits détails au bord de la route (et s'amuser à éviter les chiens qui gardent les nombreux troupeaux de chèvres !!!). La Turquie est vraiment un pays qui se prête à ce sport/loisir, les zones à parcourir peuvent être sauvages et désertiques sur de longues distances mais vous arrivez toujours à trouver un endroit pour vous loger et manger (si comme nous, vous voulez éviter de transporter nourriture et matériel de camping). Cependant, attention pour les habitués des routes plates, la côte méditerranéenne turque est des plus mouvementée et il vaut mieux aimer gravir côtes et cols (parfois jusqu'à 400 m de dénivelé, voir plus) qui réservent ensuite de fortes belles descentes grisantes par les paysages grandioses de bord de mer et de montagne qui apparaissent à votre vue. Bonne route...
Septembre-Octobre 2002
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