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Par Cüneyt Ayral
Très peu de villes dans le monde comme Istanbul peuvent à chaque instant surprendre. Paris est sans aucun doute l'une d'entre elles. Hong-Kong, quand on s'y promène est également l'une des rares à forcer l'étonnement. Entre dénuement et richesse, humour et tristesse, le tout et le rien, de drôles de ville au concept confus.
Les derniers jours de l'été, j'ai voulu cerner en une seule fin d'après-midi les petites rues attenantes de Tünel dans Beyo?lu, quartier de l'Istanbul européenne. Parmi les centaines d'instantanés pris au cours d'une promenade d'une heure ou deux, j'ai eu un mal fou à choisir les photos surprenantes qui accompagnent le texte.
En descendant l'une des rues derrière Tünel, saisi, je me suis arrêté devant la perspective remarquable sur la Tour des Génois. Ensuite je me suis rendu à la pâtisserie Konak, située sur le toit d'un immeuble ancien, face à moi la péninsule historique dans tout son éclat...Quand je me suis retourné, de nouveau la tour millénaire de Galata (Tour des Génois). Ne pas savoir le temps d'un café où se tourner ? Oui, à Istanbul c'est possible...
De nouveaux magasins ont ouverts dans les rues adjacentes. Galata s'égaye. Les rues de Galata, Tünel, Beyoglu sont désormais en vogue. Les jeunes, ceux qui cherchent un autre style de vie s'engouffrent là, le tout donnant un air de festival permanent à ce coin d'Istanbul. Je suis resté cloué bouche bée devant une boutique dans l'une de ces ruelles : du sol au plafond, elle était emplie d'une variété inimaginable de choses, y compris une profusion de blasons franc-maçonniques de tout horizon, même anglais...On aurait dit une autre fête resplendissante. Parmi les dizaines de vêtements, perles contre le mauvais œil, bagues tapageuses, colliers, des emblèmes maçonniques en vente...Qui ne se serait pas étonné ? Poursuivant ma promenade dans les ruelles alentours...je m'arrêtais pour prêter l'oreille aux escaliers de marbre qui tentaient de dire leur histoire. Ils me racontèrent qu'ils furent témoins du baiser de Maria et d'un soldat ottoman, le coup de parapluie que se pris sur la tête un polisson de Tophane juste devant eux, pour avoir pincé les fesses d'Eleni, combien d'autres encore et encore… En flânant vers Tünel, une agréable mélodie vint chatouiller mes oreilles, je me dirigeai vers cette musique qui provenait d'un appartement du premier étage et je pénétrai par une haute porte cochère dans un monde de peintures, calligraphies et cartes postales. Ali bey, propriétaire de la galerie Sefa, absolument ravi. “ En fait, je suis réparateur de vieux meubles et je n'ouvre pas mes portes à tout le monde, seulement à quelques habitués, trois quatre français qui me téléphonent avant de venir ” déclare le propriétaire de cette singulière galerie de Ylk Belediye Caddesi. En rentrant chez moi à la fin de la journée, je me suis remémorée l'époque où j'éditais le quotidien Kostantiniyye, les nombreuses surprises que nous avions eues et l'enthousiasme avec lequel nous les avions présentées à nos lecteurs. En 2010 Istanbul sera la Capitale européenne de la Culture. Combien de gens en sont conscients, connaissent réellement la signification et l'importance de cet événement? Je pense que maintenant tous nous devrions nous répéter quotidiennement : " Ô Peuple d'Istanbul ! Dans trois ans, le monde entier t'observera. Aussi protége tes trésors, sois maître de ton héritage historique mondial, de ta ville...” Et que dans chaque recoin d'Istanbul on ne cesse d'exprimer cette chance que l'on a. 4. Levent, 5 septembre 2007 Désirez-vous faire un commentaire à propos de cet article?
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J'ai suivi la direction de la musique qui s'élevait du pied de cette même Tour de Galata, une dizaine de personnes sur la minuscule place, écoutaient les airs d'un jeune groupe juif, tous grisés dans les profondeurs de l'histoire. Les touristes ébahis, le “ici c'est chez nous” exalté dans les yeux de la population locale, chacun dans un état d'esprit totalement différent…
Je tournais juste au coin d'une rue quand je vis deux grands yeux noirs qui m'observaient...Des yeux d'hippocampe que ces yeux là. Le seul mâle de l'espèce animale à porter les oeufs.
Les portes des Maires que nous avons usées à force d'y frapper, souvent sans succès, afin de préserver les richesses d'Istanbul sur le point de disparaître. Parmi ces richesses, les peintures murales de la Plage Süreyya à Küçükyali. Mais maintenant il ne reste dans les archives que quelques photos de Tufan Aksoy que nous avions publiées dans la chronique TUF Camera.



