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Depuis 1361 le canton Sarayiçi d'Edirne accueille les traditionnelles luttes à huile (yağlı güreş) de Kırkpınar. Les compétitions ont lieu chaque année fin juin et début juillet.
Il existe plusieurs légendes à propos de Kırkpınar. La plus connue est celle qui se rapporte au début de l’invasion de la Thrace par le sultan ottoman Orhan Gazi. Ce Sultan et son frère Süleyman Pacha accompagnés de 40 guerriers, saisirent les forts de la région, actuellement la frontière Grèce / Turquie / Bulgarie. A leur retour, les guerriers profitèrent d’un repos pour engager une compétition de lutte (güreş) sur le lieu où ils campaient. La lutte dura pendant des heures et deux frères Ali et Selim restèrent à égalité. Plus tard, ils reprirent la lutte à Ahiköy lors de la fête de Hidirelez (Fête de Printemps) et Süleyman Pacha promis au gagnant une paire de pantalon court en cuir (kispet). Les deux frères lutteurs (pehlivan*) ne réussissant pas à se départager de toute la journée, poursuivirent la compétition pendant la nuit à la lumière des bougies et des lanternes. Epuisés, ils meurent sur place.
Là, leurs amis les enterrèrent sous un figuier. Des années plus tard un groupe retourna visiter les tombes et trouvant à la place de leur sépulture une source vive, nommèrent cet endroit Kırkpınar (Quarante Sources).
Samona, le berceau d'origine de Kırkpınar se trouve maintenant à la frontière grecque. A la fin de la guerre des Balkans et de la Première Guerre mondiale, les compétitions de lutte de Kırkpınar eurent lieu à Virantekke près d'Edirne. Depuis la fondation de la République turque les concours sont organisés dans la région Sarayiçi d'Edirne.
Les Ağas de Kırkpınar (grands propriétaires de Kırkpınar) organisèrent les Luttes à l’huile de Kırkpınar jusqu'en 1928, divertissant les invités et distribuant des récompenses aux vainqueurs. Depuis 1946, les luttes historiques de Kırkpınar sont organisées par la Municipalité d'Edirne.
Ce qui différencie principalement la lutte à l’huile de Kırpınar de la lutte olympique est la durée de la compétition, les astuces et les règles de défaite. Les luttes à l’huile sont beaucoup longues et la différence essentielle est que le lutteur porte un kispet et se couvre le corps d’huile d'olive pour rendre les prises plus difficiles.
Les lutteurs combattent torse nu, portant uniquement le kispet, un pantalon court moulant en peau de buffle ou vachette huilée, pesant environ 12kg et serré sous le genou. La ceinture du kıspet est d'environ quatre pouces de large et un demi pouce d'épaisseur. Dans le passé, porter un "kıspet" était considéré comme un événement très important et donnait lieu à une cérémonie. Les lutteurs devaient obtenir le rang de "Pehlivan" avant d'être autorisés à porter un "kıspet".
Les kıspet sont transportés dans des paniers en paille appelés Zembil, après la lutte ils sont nettoyés et graissés afin d’éviter leur dessèchement, et conserver dans le panier jusqu'au prochain match. Quand un lutteur accroche son Zembil au mur, cela signifie qu'il quitte la lutte et ne se combattra plus jamais.
Lors de la compétition, tous les combattants s'alignent le long d'un côté du terrain et le Cazgır (annonceur) introduit les Pehlivans en annonçant leurs noms, titres et compétences avec les versets appropriés et des prières. Puis les lutteurs rentrent sur le terrain, commencent une série d’échauffements composés de mouvements harmonieux appelés peşrev et sont accompagnés du davul (tambour) et du zurna (clarinette).
Le but du Pehlivan est de devenir Başpehlivan (lutteur de tête ou champion) à Kırkpınar. Celui qui obtient le titre de Bas (tête) trois années consécutives reçoit la prestigieuse ceinture d’or de 14 carats d’un poids de 1,5kg.
Cette lutte se pratique au grand air sur la terre sèche ou de l'herbe dans une prairie. Pour pimenter la lutte, les lutteurs sont régulièrement aspergés d’huile d’olive par le Yağcı (huileur), qui se tient près d’eux. Pour remporter le défi, adresse et équilibre sont bien plus importantes que la force. Les combattants doivent renverser leur adversaire en passant la main sous la ceinture de celui-ci, le maintenir tête en bas et jambes en l'air, à la verticale, pendant quelques secondes. Si un des combattants déchire sa culotte, il est disqualifié. Le vainqueur est celui qui parvient à tourner son adversaire face au ciel.
* Le mot de Pehlivan est un mot Persan qui signifie héros, courage et bravoure. On utilise également ce terme pour désigner quelqu'un au corps solide et de parole honnête.
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